L’OPPOSITION DE TRIPOLI ET TOBROUK : NON PAS UN CLIVAGE ENTRE ISLAMISTES ET NATIONALISTES MAIS DEUX COALITIONS HETEROCLITES OU SE JOUENT DES LUTTES DE RECLASSEMENT

1. Une polarisation progressive a atteint un point de non-retour en 2014

a. Une logique d’exclusion politique double d’une militarisation de la comptition politique : comment le processus de transition a draill.

Le 23 aot 2011, la capitale du pays, Tripoli, fte sa libration par les forces rvolutionnaires, terme qui recouvre en ralit une coalition de groupes armes htrognes, unis dans leur lutte contre le rgime, mais dont les intrts et les agendas politiques n’ont pas tard diverger.

Trois jours aprs la mort de Kadhafi, survenue le 20 octobre 2011, le Conseil national de transition (CNT) cr en fvrier de la mme anne, proclame la libration du pays.

Le 7 juillet 2012, un organe lgislatif et constituant, le Congrs gnral national (CGN), est lu. On l’a rappel, c’est une premire dans l’histoire du peuple libyen.

Certes, le processus de transition n’avait pas vocation drailler. Cependant, la militarisation de la comptition politique qui a atteint son climax en 2014, qui se traduit aujourd’hui par l’affrontement de deux coalitions(10), trouve ses prmisses et son explication en 2012.

En effet, au processus de transition formel, pour ne pas dire formaliste, vers la démocratie mené au niveau national s’est superposé un conflit armé de basse intensité au niveau local, conflit qui ne s’est pas achevé avec la mort de Khadafi, mais qui a au contraire été nourri par l’incapacité des autorités politiques à combler le vide institutionnel du pays. La rivalité entre les deux branches de l’insurrection libyenne va se cristalliser avec la militarisation de la compétition politique – militarisation qui prendra des airs de guerre civile en 2014.

Les premières élections libres en Libye ont porté au pouvoir la coalition dite « libérale » de l’Alliance des Forces nationales portée par Mahmoud Jibril (39 sièges), alors que les Frère musulmans du parti Justice et Construction de Mohamed Sawan obtiennent seulement 17 sièges. 120 membres du CGN sont élus en indépendants, sans affiliation politique.

En réalité, d’une part, les coalitions du CGN sont faiblement politisées et les blocs politiques s’appuient sur des milices qui les contrôlent plus qu’elles ne les protègent, notamment les puissantes milices de Zintan côté Alliance des Forces nationales, et de Misrata pour le bloc islamiste du PJC. Misrata, souvent citée comme la ville martyre de la révolution – elle a fait l’objet d’un siège pendant des mois et subi d’importantes pertes humaines (2000 civils et combattants) – a été l’une des premières à se soulever contre le pouvoir de Kadhafi et a joué un rôle crucial dans la libération de Tripoli et de Syrte, la ville où le dictateur a été capturé et tué. Zintan, située à 160 km de Tripoli, dans les montagnes du djebel Nefoussa, a elle aussi joué un rôle important dans la libération de la capitale. Ces deux puissants groupes armés et entraînés ne vont pas tarder à se partager la ville en zones d’influence et à s’opposer pour le contrôle des infrastructures, meilleure garantie d’occuper une bonne place dans la nouvelle Libye, qui soit à la hauteur des sacrifices consentis durant la révolution.

D’autre part, la logique d’exclusion de l’adversaire politique est apparue très tôt. Ainsi, le CGN s’est fait le promoteur de la loi d’exclusion politique, adoptée le 6 mai 2013 (11), pour compenser sa mise en minorité à l’issue des premières élections législatives de 2012. La loi est adoptée par le Congrès général national libyen par 164 voix contre quatre  alors que des milices armées occupent depuis le 28 avril 2013 les ministères des affaires étrangères et de la justice, demandant l’adoption de la loi, mais ils exigeant également la démission du gouvernement du Premier ministre, Ali Zeidan, jugé incapable de gouverner. Adoptée sous la pression des armes, cette loi a décimé l’armée régulière et les administrations, marginalisé une part importante de la classe politique – dont les fondateurs du CNT et le président du CGN, Mohamed al-Megaryef. Des régions et des villes comme Bani Walid ou Tawargha ont été ostracisées et victimes de violences.

Le CGN a progressivement été infiltré par les forces de Misrata, qui se sont efforcées de rallier au PJC les députés « indépendants ». Ce changement de facto du rapport de force au sein du CGN en faveur des représentants de l’islam politique soutenus par les forces armées de Misrata a contribué à déplacer le champ de la compétition du politique vers l’affrontement militaire.

Car d’une part, le gouvernement d’Ali Zeidan (novembre 2012-mars 2014) s’est trouvé peu à peu délégitimé par son incapacité à diriger le pays et à garder le contrôle des différents groupes armés qui le soutenaient.

D’autre part, le contrôle armé de la capitale est devenu un enjeu d’affrontement entre Zintan et Misrata. Cette opposition se solde, en novembre 2013, par l’expulsion, soutenue par un puissant mécontentement populaire, des forces de Misrata de la ville, ce qui ne l’a pas empêchée de maintenir son influence sur le CGN. Sa stratégie est alors de maintenir une situation conflictuelle dans le pays afin d’éviter l’organisation de nouvelles élections et de prolonger leur mandat, qui expire théoriquement en février 2014. Cependant, les brigades de Zintan lancent un ultimatum au CGN, et sous la pression de la rue, celui-ci mandate un « Comité de février » chargé d’établir une feuille de route en vue de l’organisation d’élections législatives, qui auront lieu en juin 2014.

Parallèlement, en février 2014, Khalifa Haftar annonce vouloir dissoudre le Parlement pour « corriger le cours de la révolution », ce qui réduirait à néant l’influence du PJC et de Misrata. Mais il lui manque alors l’appui des forces opposées au CGN, particulièrement de Zintan, qui se méfient d’un mouvement ancré principalement en Cyrénaïque.

Il obtiendra cependant cet appui trois mois plus tard, en mai 2014, moment où les forces marginalisées par la loi d’exclusion politique et les opposants au CGN se sont fédérées sous la conduite de Khalifa Haftar pour y résister, « accentuant le blocage politique pour aboutir à de nouvelles élections ».

Le 16 mai 2014, le général Khalifa Haftar lance une opération baptisée « Dignité » (Al-Karama), contre les « islamistes ». L’offensive débute à Benghazi contre les milices rattachées aux divers courants de l’islam politique. Le jour même, il fait bombarder des positions d’une brigade à Benghazi. Il s’appuie sur le bataillon de forces spéciales de la ville et sur l’armée de l’air, majoritairement composés de cadres de l’ancien régime ayant fait défection en 2011, de brigades recrutées dans les grandes tribus saadiennes et des milices liées aux autonomistes de Cyrénaïque. En Tripolitaine, il forme une alliance avec les milices d’Al-Qaqa et d’Al-Sawaïq contrôlées par Zintan.

Cette intervention, par les réactions qu’elle provoque du côté de Tripoli, va précipiter le passage d’un affrontement politique à ce que certains ont nommé la « seconde guerre civile libyenne ».

La conséquence indirecte de cette offensive armée a été d’unir des milices, même antérieurement rivales, contre leur ennemi commun. En Tripolitaine, les milices de Zintan qui ont rallié l’opération « Dignité » donnent l’assaut au CGN le 18 mai 2014. Réagissant rapidement à cette attaque, le camp anti-Haftar se structure autour de la faction « islamiste » majoritaire au sein du CGN. Celle-ci s’appuie sur une coalition de forces baptisée « Aube de la Libye » et regroupant principalement les grandes brigades « révolutionnaires » de Benghazi, Tripoli, Zaouia, Ghariane et Zouara.

Enfin, les élections de juin 2014 ont aggravé la crise en superposant à cette bataille la question de la légitimité électorale. Les élections de juin n’ont fait qu’aggraver la crise, chacune des deux parties pouvant désormais se prévaloir d’une légitimité. Le 25 juin 2014, un mois après le lancement de l’opération « Dignité », des élections législatives se déroulent à nouveau en Libye – la communauté internationale y voit, peut-être un peu trop naïvement, l’opportunité d’asseoir la légitimité d’une instance par sa simple élection.

Seuls 1,5 million de Libyens ont voté en 2014, contre 2,7 millions en 2012. Le taux de participation officiel ne s’élève qu’à 18 %. Le Parti pour la justice et la construction n’obtient que 30 sièges, contre plus de 50 pour l’Alliance des forces nationales. C’est une défaite pour les candidats islamistes. Dans l’est du pays, les partisans d’un système fédéral en Libye, sont représentés par 25 à 28 députés, et les sièges restants sont remportés par des indépendants.

C’est sous la pression des milices et des violents affrontements dans la capitale – notamment dès le 13 juillet 2014 entre les forces de Zintan et « Aube de la Libye » pour la prise de l’aéroport de Tripoli – que la Chambre des représentants s’est vue contrainte d’évacuer la ville. Les affrontements, suivis de l’occupation de Tripoli, visait, selon la même logique qui avait prévalu auparavant, à délégitimer le Parlement en l’exilant.

Prévue initialement pour siéger à Benghazi, la nouvelle Assemblée s’installe finalement à Tobrouk, dans le fief de Khalifa Haftar. Sur 188 députés (200 en théorie), seuls 122 assistent à la séance inaugurale du 4 août 2014, certains élus originaires de zones opposées au général la boycottant. L’Assemblée nomme un gouvernement provisoire qui s’installe ensuite à El-Beida.

Le 13 août, la Chambre des Représentants vote en faveur d’une intervention internationale en Libye, afin d’aider le pays à sortir de la crise. Le Congrès général national dénonce une trahison de la part du Parlement de Tobrouk. Le 23 août 2014, la coalition « Aube de la Libye » gagne la bataille de Tripoli et s’empare de la ville, trois ans jour pour jour après la libération de la ville. A ce stade, on est à l’évidence passé d’un conflit armé de basse intensité à l’usage ouvert de l’infanterie mécanisée, des missiles et des bombardements aériens – dont certains menés par des puissances étrangères puisqu’il semble qu’on puisse attribuer certaines frappes à Tripoli contre Misrata aux Emirats arabes unis. (12)

Les membres de l’ex-CNG désignent leur propre gouvernement de salut national. Le 6 novembre 2014, la Cour suprême de Libye invalide les élections, mais le Parlement élu refuse d’en accepter le verdict, dont il considère qu’il a été rendu sous la menace des armes de la coalition « Aube de la Libye ». La Libye est désormais divisée entre deux instances législatives et deux gouvernements, dont le premier, reconnu par la communauté internationale, est dirigé par Abdallah Al Thni, et le deuxième, à Tripoli, par Omar Al Hassi.

A l’exception des grands bastions kadhafistes que furent les villes de Syrte et de Bani Walid, qui refusent de prendre parti, la fitna (« division »), que beaucoup redoutaient dès 2011, s’étend à l’ensemble du pays. Comme en 2011, chaque entité se fixe comme objectif la victoire totale sur l’autre.

b. Chaque camp se prévaut d’une légitimité exclusive et excluant l’autre mais aucun n’est en position de l’emporter au plan militaire ou politique

Un conflit de légitimité oppose désormais deux camps, sans qu’aucun ne soit capable de l’emporter au plan militaire ou politique. Les deux disposent en effet d’une capacité militaire équivalente – à l’exception d’une force aérienne pour Tobrouk. Les deux camps sont affaiblis par des tensions internes, et souffrent d’un manque de représentativité et d’autorité politique.

Le premier « camp », celui de Tobrouk, issu des urnes, a une véritable légitimité électorale, sans avoir un poids majeur – élu par 653 000 votants seulement. Tobrouk a trop fait de la victoire électorale un instrument d’exclusion politique, allant jusqu’à solliciter une intervention étrangère contre Tripoli, assimilée à un groupe de terroristes. Tripoli se prévaut de la légitimité révolutionnaire, qui opère encore, bien que la fatigue de la population semble palpable.

Selon la chercheure Virginie Collombier, en organisant immédiatement des élections, sans processus de réconciliation nationale – ce qui suppose du temps et des moyens immenses, il était évident que l’on allait accuser la fragmentation du pays et la polarisation politique. Les Libyens étaient moins habitués au dialogue par la voie des institutions électorales qu’à un rapport clientéliste à un pouvoir central tour à tour manipulateur et capricieux, et dans un contexte de surarmement du pays et de post guerre-civile, cela a conduit à la militarisation de la compétition politique.

Cependant, l’absence de supériorité stratégique d’un camp sur l’autre les incite à chercher des soutiens extérieurs, ce qui a pour effet d’accentuer dangereusement la polarisation du conflit.

Derrière l’opération « Dignité » du général Khalifa Haftar et la contre-offensive « d’Aube de la Libye », s’est dessinée une carte des influences régionales (13) : poursuivant le conflit qui les oppose aux Frères musulmans, Le Caire et Abou Dhabi ont fait de la Libye un enjeu de leur rivalité avec les soutiens régionaux de la confrérie, notamment la Turquie et le Qatar (le Soudan dans une moindre mesure).

Il faut pour finir souligner que les positions de la communauté internationale ont pêché par leur ambigüité et leur manque de fermeté : Tobrouk a été soutenu comme seul Parlement légitime, condamnation de ses exactions qui pourraient menacer le dialogue politique, sans que les effets de cette condamnation ne dépassent le stade du discours.

Inversement, en novembre 2014, lorsque la Cour suprême libyenne a invalidé les élections de juin 2014 au motif de leur inconstitutionnalité, la communauté internationale n’a pas réagi immédiatement et s’est contentée de déclarer « étudier les conséquences de la décision » sur les institutions libyennes sans jamais conclure cette étude. Cette position de prudence – qui s’expliquait alors par la crainte que le CGN n’utilise toute déclaration en sa faveur comme une reconnaissance formelle par la communauté internationale – s’est muée en ambiguïté contre-productive. Il aurait fallu alors, sans se prononcer sur la légitimité de Tobrouk ou du CGN, convaincre les deux parties de négocier un compromis. La question de la légitimité viendra après la constitution d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation de nouvelles élections, cette légitimité par les urnes ne doit pas être un instrument d’exclusion politique.

2. Réduire l’actuelle guerre à un conflit entre « islamistes » et « nationalistes » serait une erreur

Les deux « camps » sont hétéroclites et divisés.

Dans le « camp » dit de Tobrouk, trop vite nommé « libéral » ou « laïc », on trouve principalement des hommes d’affaires, des cadres de l’ancien régime proches du mouvement « réformiste » amorcé par M. Saïf Al-Islam Kadhafi à partir de 2005 et des officiers ayant fait défection dans les premiers temps de l’insurrection. On trouve aussi des autonomistes de la Cyrénaïque, mais également les Toubous ou encore les milices de Zintan.

Le « camp » dit de Tripoli, qui se qualifie de « révolutionnaire » et qu’on a étiqueté « islamiste », est lui aussi hétéroclite et divisé entre les Frères musulmans, les combattants révolutionnaires, la vieille opposition en exil, ou encore les Amazighs (berbères de Zouara et du jebel Neffousa). Ce courant englobe un grand nombre d’opposants de longue date. Mais il compte aussi les représentants de Misrata, ville à forte légitimité révolutionnaire, et d’autres villes de la côte tripolitaine de tradition marchande, notamment Zaouia et Zouara.

Ce qu’on qualifie trop vite de « camp islamiste » correspond en réalité à l’alliance de circonstance d’éléments révolutionnaires, notamment de Misrata, avec des islamistes, en particulier les Frères musulmans (14), qui se sont coulés dans le radicalisme révolutionnaire, et ont poussé à l’adoption de la loi d’exclusion politique votée en mai 2013. Les premiers, inscrits dans une logique de purgation des anciens éléments du régime se sont alliés aux seconds, poussant à une militarisation de l’affrontement politique à la suite de leur échec électoral.

Leur confrontation ne recoupe que partiellement un clivage entre « islamistes » et « sécularistes » auto-proclamés – distinction qui a d’ailleurs peu de pertinence en Libye (15).

Rappelons une simple évidence : c’est aujourd’hui à l’Ouest que l’on retrouve le camp étiqueté « islamiste », alors que sous le régime de Kadhafi, c’est à l’Est que leur influence était la plus marquée.

Les luttes contre Daech ne correspondent pas non plus à la polarisation Dignité vs Aube de la Libye. Ainsi, la brigade 106 de Misrata, bien qu’alliée aux islamistes, combat Daech. De la même façon que les Amazighs du jebel Nefoussa s’opposent aux Zintan, alliés de Haftar. Pour les Zintan, la lutte contre les milices salafistes relève davantage d’une lutte pour le contrôle de territoires et d’influence que d’une lutte idéologique.

Le ressort de l’affrontement de ces deux coalitions n’est pas d’abord idéologique ou religieux : c’est une bataille où les acteurs et enjeux locaux prévalent et dont l’objet est la maîtrise des ressources du pays et des dividendes politiques et militaires de la révolution.

La Jamahiriya avait banni les partis politiques, et les législatives de 2012 puis de 2014 n’ont pas fait émerger de blocs partisans. Dès lors la bataille – qui se concentre notamment sur le contrôle des installations pétrolières et infrastructures d’échanges – trouve ses racines dans la concurrence économique et politique entre les différentes villes du littoral.

Surtout, la bipolarisation est aussi le résultat des « luttes de reclassement » entre anciennes et nouvelles élites, qui ont éclaté dès les élections de 2012, pour atteindre à l’été 2014 un point de rupture.

Les «  vainqueurs  » de la guerre de 2011 ont ainsi cherché à transformer leur poids militaire et leur «  légitimité  » révolutionnaire en capital économique et politique et à ostraciser les régions et pouvoirs « vaincus » par la révolution. Certains commentateurs ont même qualifié de « complexe de puissance et d’impunité » (16) l’attitude de certaines villes comme Zintan, Misrata et Zawiya, les populations Toubou du sud, voire une partie des habitants de Cyrénaïque.

Par ailleurs, les élections de juillet 2012 et juin 2014 ont porté au pouvoir d’anciennes notabilités, ce qui a marginalisé la nouvelle élite politico-militaire issue des bastions du soulèvement, Misrata, Zuwarah, par exemple. Cette nouvelle élite ne peut renoncer à l’usage des milices, sans risquer sa propre sécurité et la perte du bénéfice politique de sa lutte contre Kadhafi.

Enfin et surtout, le clivage islamistes-libéraux ne rend pas compte de l’écheveau d’alliances et d’oppositions en Libye, où se s’entremêlent les acteurs et enjeux locaux, les facteurs économiques, les forces politico-culturelles et politico-religieuses, les représentativités tribales, ou encore les luttes générationnelles et de reclassement, qui se croisent et se décroisent dans toutes les combinaisons possibles.

 

Rapport d’information sur la Lybie (Par la commission des affaires étrangères)